L'AUTEURE FRANÇOISE LAPEYRE


Françoise Lapeyre, docteur en linguistique, s'intéresse à la question générale de l'indépendance  féminine comme en témoignaient déjà ses deux premiers ouvrages : Femmes seules retirées loin des villes, étude de la solitude féminine contemporaine basée sur une série d'interviews et Léonie d'Aunet, biographie d'une jeune femme audacieuse partie dans le grand Nord en 1840 et punie de prison pour une liaison adultère avec Victor Hugo.

Ses travaux ultérieurs sont spécifiquement consacrés à l'étude d'une variété de la littérature féminine : celle des auteures d'un seul livre né d'une expérience exceptionnelle de voyage ou de séjour dans un pays autre que l'Europe occidentale. Appartenant essentiellement au XIXe, un siècle qui permet à des femmes non fortunées de tracer leur voie hors du foyer : voyageuses pour le plaisir ou pour gagner leur vie, touristes, colons, missionnaires, artistes, journalistes, chercheuses d'or, négociantes, etc.  et qui, quelque soit leur statut de voyageuses, sont au cœur des rapports imposés au reste du monde par les grandes puissances politiques et économiques auxquelles elles appartiennent et, pour certaines, témoins d'un de ses aspects les plus tragiques : l'esclavage.

Dans le prolongement, Françoise Lapeyre a travaillé plus spécifiquement sur les mentalités coloniales féminines à partir d'une quarantaines de récits de chasseuses de grands fauves au Kenya vers 1930, riches safaristes ou femmes-colons dont les textes dressent, à leur manière, le portrait de la société coloniale. Travail qu'elle poursuit actuellement avec un corpus de récits de femmes françaises au service de la colonisation ou touristes dans l'"Empire colonial", en Algérie, Afrique noire ou Indochine.

Françoise Lapeyre achève par ailleurs la rédaction d'une biographie de Fanny Kemble, grande dame du XIXe siècle, immense actrice shakespearienne qui lors d'une tournée aux USA épouse un riche héritier de Philadelphie dont elle comprend, alors qu'ils ont déjà un enfant, qu'il tient ses revenus d'une plantation de canne à sucre en Géorgie. Au cours un séjour de plusieurs mois sur cette plantation qu'elle a exigé de voir, elle tient son journal notant tout ce qu'elle voit de la vie quotidienne des esclaves. À partir de là, son mari qui veut à tout prix l'empêcher de publier son journal, lui fait subir mille  persécutions. Il finira par lui enlever leurs deux filles et l'obligera à rentrer en Angleterre et reprendre la scène pour gagner sa vie. Au début de la guerre de Sécession, pour faire basculer son pays, la Grande-Bretagne, qui hésite entre soutenir le Nord ou le Sud, elle publie ce fameux journal qui reste un des textes abolitionniste parmi les plus forts jamais écrits.

SES OUVRAGES

Femmes seules retirées loin des villes Paris, Lattès, 2003
Le roman des voyageuses françaises Paris, Payot, 2007
Léonie d'Aunet, « Lorsque je vous vois je songe aux étoiles » Paris, Lattès, 2005
Préface de l'ouvrage de Fanny Kelly, Ma captivité chez les Sioux Paris, Payot, 2010
Préface des lettres choisies de Lady Worthley Montagu, Je ne mens pas autant que les autres voyageurs Payot, 2008
Quand les voyageuses découvraient l'esclavage Payot, 2008
Vivienne de Watteville ou Une histoire féminine de la chasse coloniale Paris, Kindle, 2018

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